DES-INTEGRATION(S) - Baudelaire au cœur de cette nouvelle aventure artistique


Du 22 novembre au 26 novembre 2011
ESPACE KHIASMA - http://www.khiasma.net
15 rue Chassagnolle 93260 Les Lilas
Tel : 01 43 60 69 72
Métro : Porte des Lilas
Installation ouverte au public de 15h à 20h – Entrée libre 

Patrick Fontana, Pierre-Yves Fave et Emeric Aelters

En 2007-2008, Patrick Fontana met en place un atelier de lectures enregistrées en direction de personnes en apprentissage du « Français Langue Etrangère » (ou FLE), à l’association Emmaüs (Atelier Formation de Base Paris 11ème).
Cet atelier devait fonctionner une année, il dure depuis cinq ans.
Au fil des années, cette expérience a permis de questionner l’utilisation de poésie et de textes réputés difficiles et peu accessibles pour le grand public dans un apprentissage de la langue française. Car l'atelier explore le français dans toute sa complexité à l'heure même où une certaine langue française est placée au cœur de nouvelles lois sur l’immigration et devient l'outil d'une chasse aux précaires qui ne dit pas son nom.

Après Ghérasim Luca dont l'univers sensuel planait sur la performance Lecture(s) de bouche(s), c'est Baudelaire qui est au cœur de cette nouvelle aventure artistique. Baudelaire à la fois poète de référence et figure de la rupture moderne, Baudelaire qui en son temps bouleversa les canons du beau pour élargir le champs du poétique au sujet les plus obscurs et introduire une étrangeté inédite dans la langue.
 
Des-intégration(s) est une installation composite. Une foule de voix s'y installe dans l'espace faisant entendre des enregistrements de lectures des poèmes "L’étranger" et "L’invitation au voyage", en français et dans les nombreuses langues des participants de l'atelier. Le texte s'écrit en direct dans tous les traductions ainsi convoquées.
Au coeur de cette poésie-monde, traversée par les plages sonores d'Emeric Aelters et mise en mouvement par les processus numériques de Pierre-Fave, le Ceseda, code d'entrée et de séjour des émigrés en France s'altère, se désordonne, comme si le cadre qu'il donnait à la langue se trouvait soudainement trop étroit pour contenir la vaste étendue sensible de cette polyphonie.
En contrepoint, les notes dessinées de Patrick Fontana, réalisées à partir du livre de Christophe Bertossi Les frontières de la citoyenneté en Europe : nationalité, résidence, appartenance sont les témoins silencieux de l'histoire des migrations en France et en Europe.

Production : Khiasma avec le soutien de l'Association Emmaüs, de la DRAC Ile-de-France, de la ville de Paris, en coproduction avec Patrick Fontana.


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Trois soirées autour de l’installation

Mardi 22 novembre à 20h30
Risquer le monde.

La France a placé la langue au cœur de ses plus récentes lois sur l'immigration mais aussi comme pierre angulaire de son modèle d'intégration républicaine. Mais est-ce un projet d'intégration ou d'exclusion ? Est-il en phase avec les enjeux d'un monde globalisé ? Quels espaces nationaux dessinent les nouvelles frontières de l'Europe et quelle place y tient l'étranger dans la cité?

Invités (sous réserve) : Christophe Bertossi, directeur du Centre Migrations et Citoyennetés de l'Institut français des relations internationales (Ifri) à Paris et Etienne Balibar (Professeur émérite de Philosophie à l’Université de Paris-X Nanterre, professeur à l’Université de Californie à Irvine, membre du Conseil scientifique du CIEPFC)

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Jeudi 24 novembre à 20h30
Nous sommes étrangers partout.
La langue est aussi facteur d'exclusion et outil symbolique de maintien de l'ordre social. L'étranger n'est ainsi pas une figure isolée mais bien un élément de la chaîne des précaires. Aussi, à travers le durcissement des lois migratoires, il est difficile de ne pas voir les signes d'une chasse faite aux pauvres en général.

Invités (sous réserve) : Arlette Farge, historienne
Josep Rafanell i Orra, psychologue clinicien auprès des précaires

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Vendredi 25 novembre à 20h30

Hier, à travers la foule, je me sentis frôlé par un Etre mystérieux que j’avais toujours désiré connaître.
Comme le disent les antillais Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau : « Aucune langue n’est, sans le concert des autres. Aucune culture, aucune civilisation n’atteint à plénitude sans relation aux autres. » Ainsi la lecture de Baudelaire par Walter Benjamin nous apprend combien l'étranger, l'exilé se niche aussi à l'intérieur de la langue nationale. Comprendre la langue dans sa complexité, dans ses révolutions, c'est aussi lui redonner sa nature hospitalière. Nous nous attarderons également pour cette troisième soirée sur la question de la traduction et sur la manière de parler dans la langue de l'autre, enjeu de luttes, d'imaginaires, « d'entre-captures ». 

invités (sous réserve) : Anne Sauvargnargues, Maître de conférences en philosophie de l'art à l'École normale supérieure de Lyon.
Nicole Lapierre, socio-anthropologue, Directeur de recherche au CNRS
Phuong DANG-TRAN, traducteur.


Source: http://www.khiasma.net


Interpretation

Demeures de Baudelaire