Michaël PRAZAN,


Présentation de l'éditeur :
Dans le Paris du XIXe siècle, des salons littéraires au hasard de ruelles mal famées, les artistes rêvent de paradis artificiels. Baudelaire, lui, construit son mythe. Mais dans son quotidien miné par la pauvreté et la syphilis comme dans son envol vers la gloire littéraire, Charles n'est jamais seul. Une femme partage sa misère et ses excès, supporte sa jalousie et ses infidélités, endure sa folie et sa maladie. Qui était Jeanne Duval, la mystérieuse " Vénus noire " ? La " mulâtresse " qui a inspiré la majeure partie des Fleurs du Mal ? Méprisée par ses contemporains, chargée de tous les maux par la critique littéraire, oubliée enfin, elle demeure une énigme. Ce récit lui restitue sa place dans la vie et dans l'œuvre du poète maudit. Documenté mais romanesque, tour à tour drôle et tragique, La Maîtresse de Charles Baudelaire raconte vingt ans d'une relation passionnelle et destructrice.

Biographie de l'auteur :
Michaël Prazan, titulaire d'un doctorat de langue française, est journaliste et écrivain. Après avoir réalisé plusieurs documentaires et publié de nombreux essais (dont le dernier, Roger Garaudy : itinéraire d'une négation, paru en février 2007 chez Calmann-Lévy), il nous livre ici son premier roman.
  
Notre analyse :
- Par Jacqueline Vrillaud
Documenté mais plutôt romanesque, ce récit présente  une Jeanne Duval en quelque sorte réhabilitée. Celle dont on sait peu de chose concernant les origines, la date de naissance, la date de sa mort, acquiert ici une dimension humaine.  En dépit de tout ce qui a pu être dit ou écrit sur sa liaison tumultueuse avec Baudelaire, liaison ponctuée de ruptures et de réconciliations, elle reste la femme qui a partagé durant vingt ans la vie du poète avec ses misères et ses excès, la pauvreté et la maladie.
   Pour ce faire, l’auteur, dans un avertissement au lecteur, donne la parole à  un ami de Baudelaire, « grandi dans l’ombre du poète », comme il le précise, garant incontestable donc de ce qui va être dit.

  Trois parties portant chacune un titre à consonance baudelairienne : Les réprouvés, Les maudits", Les damnés, retracent les moments marquants de la vie de l’homme et de l’écrivain.
  La narration débute à son retour de l’île Bourbon en 1842 et relate sa rencontre avec une certaine mademoiselle Berthe, jeune comédienne, alias Jeanne Lemer ou  encore Jeanne Duval. Le récit se poursuit jusqu’aux derniers moments de Baudelaire paralysé, veillé par sa mère.

  Un épilogue enfin vient clore l’histoire sur une ultime évocation de Jeanne Duval. Le narrateur y présente l’image qu’il a gardée de sa dernière rencontre avec elle : celle de la femme vieillie, invalide toujours soucieuse de sa toilette, évoquant avec nostalgie sa liaison avec le poète et parlant des quelques lettres qu’il lui écrivit. 

   Le Paris du XIXe siècle en toile de fond,  avec ses salons littéraires, ses lieux malfamés et ses milieux artistiques contrebalance ce qu’il peut y avoir de trop fantaisiste ou d’extrême dans la relation et les rapports imaginés entre le poète et sa muse.

  D’une lecture facile et agréable ce livre n’a certes pas la prétention de résoudre l’énigme Jeanne Duval. Michaël Prazan se concentre, non pas sur l’inspiratrice des poèmes du « cycle de Jeanne » , la « Vénus noire », la » « sorcière aux flancs d’ébène », mais sur l’autre face du personnage.  C’est l’être humain exigeant, intéressé mais aussi humilié, vulnérable et pathétique qui a retenu son attention, la femme, enfin, dans toutes les acceptions du terme.
Fiche détaillée :
Broché: 232 pages
Editeur : Plon (19 avril 2007)
Langue : Français
ISBN-10: 2259204740
ISBN-13: 978-2259204743
Interpretation

Demeures de Baudelaire