"Les Fleurs du Mal", sculptées


Les Fleurs du Mal, sculptées :

../FR/images/edito/nice-news-3562.jpg

Le Musée des Beaux-Arts de Menton dans les Alpes Maritimes organise jusqu'au 21 avril 2008 l'exposition "4 poètes, 3 peintres et 1 sculpteur", manifestation culturelle fondée sur les analogies entre les arts visuels de l'espace, la peinture et la statuaire, et l'art musical du temps, la poésie. Selon le voeu du Commissaire de l'exposition, Hugues de la Touche, le travail de quatre artistes plasticiens entre en correspondance avec l'oeuvre de quatre écrivains et porte le vers à sa visibilité : ainsi, les transpositions d'art entre le verbe et la matière, de Charles Baudelaire à Oreste Conti (sculpteur), de Paul Claudel à Kallyste (peintre), de Khalil Gibran à Marie-Laurence Damon (peintre), de Rainer Maria Rilke à Jacqueline Verdini (peintre).

 

Voici comment le sculpteur Oreste Conti définit l'inspiration baudelairienne de sa sculpture :

« Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s’est meurtri tour à tour,

Est fait pour inspirer au poète un amour

Eternel et muet ainsi que la matière.»

Comment un sculpteur ne serait-il pas fasciné par ces vers ? Surtout lorsque la beauté a été le crédo de toute sa création…

Mais ce qui fait que j’ai ressenti en
Baudelaire une fraternelle complicité c’est que sa perception de la beauté ne se limite pas à la beauté des formes. Il va la chercher dans ses derniers retranchements… Il prend ce qui a priori semble voué à la perdition pour en faire du diamant. Dans sa poésie « Les Petites Vieilles », sujet que je retrouve dans maintes de mes œuvres, et que j’essaie ici d’illustrer par trois petites sculptures, Baudelaire, comme d’ailleurs Rembrandt
, nous dévoile une beauté qui n’est pas destinée aux yeux mais à l’âme.

Il ne s’agit pas de compassion, il s’agit bien d’amour. Il s’agit de la fascination amoureuse d’une âme d’artiste qui, ayant dépassé toutes les illusions éphémères de l’homme, rencontre des êtres que la vie a poussés aux limites extrêmes de leur parcours, là où l’éternité reste la seule expectative.

Beauté de la tragédie sublimée dans « Bénédiction », où je retrouve des moments de mon parcours.

Beauté du doute et de la perdition dans « La Muse Malade ».

Beauté dans « Le Vampire », un enlisement que je connais bien.

Beauté dans « L’Ennemi », ténèbres et fulgurances.

Sublimation poétique d’une morte inconstante, dans « Remords posthume ».

Et pour que cette beauté nous soit perceptible,
Baudelaire
en fait une symphonie. C’est le propre de la poésie que de pouvoir marier description et musicalité.

Une sculpture est par essence immobile. Ce sont les formes qui nous sollicitent. Mais si elle est privée du geste dans le temps, elle peut nous émouvoir par le volume, et les attitudes peuvent la rendre tout aussi expressive qu’un poème.

Chaque mode d’expression artistique utilise son langage propre, mais c’est en le sublimant qu’il pourra exprimer l’inexprimable. Et, percevoir, en une poésie autre chose que des paroles, dans une sculpture autre chose que des formes, à savoir l’âme de l’artiste.

Je n’imagine donc pas pouvoir transformer une poésie en une sculpture, mais je retrouve chez
Baudelaire des sujets qui sont les miens depuis toujours et la même passion à saisir des instants de la vie pour en faire des moments d’éternité ».

 Oreste Conti

 

"4 POÈTES, 3 PEINTRES ET 1 SCULPTEUR"
Charles BAUDELAIRE et Oreste CONTI – Paul CLAUDEL et KALLYSTE – Khalil GIBRAN et Marie-Laurence DAMON – Rainer Maria RILKE et Jacqueline VERDINI

Musée des Beaux-Arts – Palais Carnolès

3, avenue de la Madone
MENTON

Ouverture de l'exposition du 26 janvier au 21 avril 2008

Tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 18h sauf le mardi et les jours fériés
Entrée libre


Tél. : 04 93 35 49 71

Fax : 04 92 41 80 66

Source : http://www.nicerendezvous.com/FR/MENTON-PRES-DE-NICE-MUSEE-DES-BEAUX-ARTS-4-POETES-3-PEINTRES-ET-1-SCULPTEUR-n-3562.html


 

 

 

 

 

 

Interpretation

Demeures de Baudelaire