11ème « Café Poétique Charles Baudelaire », sur le thème « Baudelaire et Senghor »


Le 11ème  numéro de notre « Café Poétique Charles Baudelaire » aura lieu le mardi 21 octobre à 18h30 au café SELECT HAUSSMANN, 28 Boulevard Haussmann 75009 Paris, (Métro Chaussée d'Antin, Tél.: 01 47 70 96 00).

Nous avons choisi « Baudelaire et Senghor » comme thème de discussion.

Monsieur Pierre Brunel, professeur à la Sorbonne, sera notre invité et Mademoiselle Prisca Mouity présentera une partie de sa thèse intitulée "Ombre et lumière dans la poésie de Baudelaire et de Senghor""

 Pour confirmer votre présence, veuillez vous adresser auprès de
 Monsieur Binod KHAKUREL
Tél. : 06 68 64 25 01, e mail : info@charlesbaudelaire.fr


Pour une Rhétorique de l'Ombre et de la Lumière dans la poésie de Baudelaire

- Prisca Mamengui Mouity

Lorsqu'on lit Les Fleurs du Mal et Le Spleen de Paris de Charles Baudelaire, on est tout de suite frappé par la richesse et la beauté de la langue. Tantôt très claire, tantôt obscure, elle laisse perplexe. En « hypocrite lecteur », on se reconnaît et on sait que le poète parle de nous. Car Baudelaire a choisi le cœur de l'homme comme domaine de prédilection.

D'une part, à travers des rimes, des assonances, des allitérations sulfureuses et divines (correspondances entre le son et la couleur), le poète crée une musicalité du clair-obscur qui dépeint le rythme intérieur de l'être, de l'homme en proie aux « longs ennuis » et qui veut « s'élancer vers les champs lumineux et sereins ». C'est ici l'occasion de rappeler l'envoûtement, le ravissement qu'avait produit sur Baudelaire la musique de Wagner, mélodie qu'il reconnaît comme sienne : « il me semblait que cette musique était mienne, et je reconnaissais comme tout homme reconnaît les choses qu'il est destiné à aimer. »

D'autre part, les figures de style récurrentes (l'allégorie, la métaphore et comparaison, l'antithèse et l'oxymore, l'ironie sans oublier les correspondances de toute sorte) rendent compte de la dualité de l'homme, son impressionnante complexité. Elles mettent en évidence les diverses sensations du poète, l'enchevêtrement du chaud et du froid, de l'ombre et de la lumière. Et par là même, cette rhétorique nous permet d'apprécier la magie du poète qui transforme la « boue en or ».

Enfin, notre thème est mis en évidence par la picturalité du poème baudelairien. A certains moments, des poèmes comme « Le Paysage », « un fantôme »... nous rappellent des œuvres picturales. C'est dire que les descriptions, les notations de son, de couleur, de mouvement créent l'atmosphère des tableaux où elles fusionnent. D'ailleurs le mot est nommé à propos dans Les Fleurs du Mal : « Tableaux parisiens ».

Ainsi, le poète nous offre, par le biais d'une rhétorique « originale », des textes poétiques qui se donnent à voir comme des tableaux, des peintures, à entendre comme la musique. Il faut dire que le poète accorde de l'importance à la forme et admet que : «  […] les rhétoriques et les prosodies ne sont pas des tyrannies inventées arbitrairement […] » et qu'elles n'ont jamais « empêché l'originalité de se produire distinctement. Le contraire, à savoir qu'elles ont aidé l'éclosion de l'originalité, serait infiniment plus vrai. »

Originaire du Gabon, Prisca prépare sa thèse sous la direction de Monsieur Papa Samba Diop, professeur de la littérature comparée francophone à l'Université Paris XII, Créteil. La soutenance est prévue dans le courant de l'année 2009.

Interpretation

Demeures de Baudelaire