Publication

LA FOLIE BAUDELAIRE de Roberto Calasso, traduit de l’italien par Jean-Paul Manganaro

LA FOLIE BAUDELAIRE de Roberto Calasso, traduit de l’italien par Jean-Paul Manganaro Un livre de Roberto Calasso est comme une forêt, une ville, une immense bibliothèque. On y entre avec désir et crainte – celle d’être englouti. Mais très vite, la crainte disparaît, et le désir trouve à se satisfaire au-delà de toute mesure.
Jamais cependant on ne domine le lieu, jamais on ne l’embrasse d’un seul regard. On y circule, séduit, émerveillé.

Dès les premières pages de La Folie Baudelaire cela se vérifie. Plus encore que dans les livres précédents de Calasso, cette vérification se fait révélation.
Car elle nous place, par l’entremise de Baudelaire, à l’origine même des tourments et questions de notre modernité...

 

Baudelaire hisse son pavillon noir

Une folie était une maison vouée aux plaisirs, des plus paisibles aux plus incertains. Elle se trouvait au bout du parc ou du jardin. La folie Baudelaire, sans majuscule, apparaît à la page 379 de l’essai de Roberto Calasso - presqu’au bout du rouleau. C’est dans une citation de Sainte-Beuve, l’ami patelin qui prend soin de ne jamais soutenir le poète, le grand petit homme de pouvoir célébrant tant d’auteurs médiocres mais n’écrivant sur lui, Baudelaire, rien d’autre que les lignes suivantes : «En somme, M. Baudelaire a trouvé moyen de se bâtir, à l’extrémité d’une langue de terre réputée habitable et par-delà les confins du romantisme connu, un kiosque bizarre, fort orné, fort tourmenté...

 

"Lettres inédites aux siens", de Charles Baudelaire : Baudelaire adolescent

En juin 1838, Baudelaire a 17 ans, il écrit à sa mère : "Je sens venir la vie avec encore plus de peur. Toutes les connaissances qu'il faudra acquérir, tout le mouvement qu'il faudra se donner pour trouver une place vide au milieu du monde, tout cela m'effraie.

Enfin je suis fait pour vivre, je ferai de mon mieux ; il me semble ensuite que dans cette science qu'il faut acquérir...

 

Fortunade DAVIET-NOUAL, Le « docteur » Guillaume-Emile Duval et la maladie de Charles Baudelaire

Fortunade DAVIET-NOUAL, Le « docteur » Guillaume-Emile Duval et la maladie de Charles Baudelaire Les rapports de la psychiatrie naissante avec les artistes du XIXe siècle ont été au centre d’un livre de Laure Murat paru il y a quelques années et consacré à La Maison du Dr Blanche, histoire d’un asile et de ses pensionnaires, de Nerval à Maupassant.

Dans cette lignée, l’ouvrage de F. Daviet-Noual est une enquête documentée qui vise à décrire l’itinéraire d’un homme de médecine qui a fait de l’hydrothérapie sa spécialité avant de recueillir Baudelaire à son retour de Belgique dans son établissement.

La première partie du livre identifie avec précision le Dr G-E. Duval, souvent confondu avec d’autres praticiens, y compris par des spécialistes de la biographie baudelairienne. Ses dates et son parcours sont établis avec rigueur et ses contributions à la presse médicale analysées en détail...

 

Baudelaire et les formes poétiques

Baudelaire et les formes poétiques Issues pour l'essentiel d'un dialogue entre chercheurs japonais et européens mené lors de la journée Baudelaire le 27 mai 2003 à Tokyo, ces études sont consacrées à l'usage personnel du tombeau poétique chez Baudelaire, au poème en prose et à son statut par rapport au poème en vers, et aux thèmes de l'ivresse, du rire, de l'imagination ou du nombre.

Baudelaire est le premier voyant, roi des poètes, un vrai Dieu », disait Rimbaud, avec cette réserve : « Encore a-t-il vécu dans un milieu trop artiste ; et la forme si vantée en lui est mesquine : les inventions d'inconnu réclament des formes nouvelles. »

Or, point d'aboutissement de toute une tradition de la poésie lyrique depuis la Renaissance, Baudelaire n'en est pas moins un rénovateur subversif de cette tradition. Il a bien recherché, au sein même de la poésie en vers comme à travers l'élaboration du poème en prose, des « formes nouvelles ».

 


Interpretation

Demeures de Baudelaire